Voici des notes prises au vol, pendant la lecture de deux articles de Xavier de Lacaze parus sur dedefensa.org et repris par pat.philum.org puis sur mon site : philum.info

Premier article : De la définition du Système

« On ne peut s'opposer à un système sans le définir »
« comprendre la véritable nature de ce Système »

Observant que les maux du monde ont pour origine « le système », c'est à dire l'interaction des composants d'une mécanique qui rend inéluctable la production du mal, et dont aucun des composants en particulier ne peut être jugé responsable à moins qu'il ne se dote d'une conscience éthique et s'interdise de faire normalement son travail, je suis heureux de voir qu'il devienne apparent de devoir se poser des questions d'ordre systémique.

Mais il faut être prévenu, si ces questions sont fascinantes parce qu'elles touchent souvent aux lois de la topologie des systèmes, aux lois de la mécanique si on peut dire, qui sont des lois de la nature en quelque sorte et qu'il faille les découvrir, ces lois qui sont très instructrices et enrichissantes n'en sont pas moins complexes.

Dès le départ, on sait déjà au moins qu'il sera judicieux de se fier aux gens qui savent fabriquer des systèmes qui fonctionnent bien (dont JE !).

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« savoir où il commence et où il finit »

Un système est toujours comparable aux couches qui forment le globe terrestre, à part qu'on considère la couche centrale, celle sur laquelle tout repose, le « core », comme le noyau dur, et autour, des sub-systèmes qui sont possibles à qualifier de « couches molles » qui se greffent les unes sur les autres.
En fait quand on arrive aux limites du système, on le voit parce qu'il faut développer des mécaniques de plus en plus complexes pour avoir des effets de plus en plus ponctuels, là où les couches dures affectent quasiment l'ensemble du système, et où la moindre défaillance peut le faire se terminer.

Au cours de son développement, le système se régénère graduellement des nouvelles fonctionnalités attendues en commun par de nombreuses fonctions distantes, générant des routines qui vont ensuite appartenir aux couches dures et qui vont le plus souvent possible servir de référence en terme de protocoles à connaître pour les développements ultérieurs. Ainsi ces routines communes doivent être pensées non seulement pour satisfaire de nombreuses fonctions distantes mais aussi des fonctions encore inexistantes. En soit, elles sont génériques.

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« le Système décrit comme étant celui du "déchaînement de la matière" ». (et par extension : « identifier la matière à l'essence du mal »

L'oeil ne doit pas porter tant sur les objets mis en mouvements que sur la mécanique de cette mise en mouvement ; c'est simplement l'inculture qui pousse souvent à accuser les objets d'être responsables des mouvements dans lesquels le système les embarque. Ainsi des gens s'auto-qualifient de rationalistes parce qu'ils observent l'inéluctable mouvement donné à un objet comme étant la cause de l'objet lui-même, alors que dans un autre contexte évidement, par exemple la science, n'est pas sensée servir à fabriquer de nouvelles armes.

Les objets mis en mouvements le sont consécutivement aux informations mises en mouvement, et ces dernières le sont en raison de ce qu'on peut aussi nommer l'organisation, avec l'avantage de faire comprendre qu'une organisation peut être « bonne » ou « mauvaise », et qu'une mauvaise organisation se caractérise par une perte de rendement qui est observable impartialement.

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« construire le meilleur des mondes par la grâce de la vertu du chef d'orchestre »

L'organisation ou le système ne serait pas tant ce chef d'orchestre que les buts fictifs qu'on se sera fixés. Il faut bien comprendre que d'une couche à l'autre du système, chaque couche en-dessous de l'autre est le chef d'orchestre de la suivante, et qu'en fin de compte, quand on parle du système social et de ce qui justifie les transactions, le plus haut degrés d'organisation ira plutôt se loger dans ce qu'on peut appeler les objectifs évolutifs communs.
Cela est donc parlant d'une conscience, elle-même rétro-informée par les capacités et l'efficacité de tous les composants du système.

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« cette illusion qui était aussi la nôtre, avant de prendre conscience de l'existence du Système et de l'identifier comme source de tous nos maux »

Il y a eu un cheminement en effet, et c'est très sain de le faire observer ! Car en premier lieu ceux qui défendent le système actuel ne le considèrent pas comme un système particulier, ils le considèrent comme la base logique de leur propre mentalité, la seule et unique référence sur laquelle toute leur psychologie s'est construite, et remettre en cause le système, pour ceux dont la logique est syntaxique, revient à les agresser d'une façon qu'ils jugent déloyale.

Il a fallu prendre conscience de l'existence du système, et cela peut se faire en maintes occasions, comme regarder l'invraisemblable quantités d'étoiles dans le ciel, étudier la nature, les sciences, et toutes les évolutions, en remarquant que ces évolutions auraient largement pu être autres.

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« la volonté perpétuelle d'accroitre cette domination est le moteur essentiel du Système »

Déficience ! « Moteur » c'est une fonction d'auto-propulsion, c'est le système lui-même qui est moteur : moteur = système. Ensuite, soit c'est un bon système, soit c'est un mauvais système, dans la mesure où il n'arrive pas à continuer d'exister.

La croissance du système dépend bien évidemment de son niveau d'organisation en terme de complexité, et cette complexité (faut-il ajouter immédiatement), n'est pas synonyme de multitude mais plutôt de potentialité à s'arranger avec la multitude.

On a vu que les limites du systèmes sont définies par les endroits où il faut développer des mécaniques plus complexes que le système tout entier pour répondre à des exigences très ponctuelles. S'il veut grandir le système a besoin alors d'intégrer les routines communes valables autant pour toutes les fonctions déjà existantes que pour les fonctions que le système a nouvellement besoin d'intégrer.

L'extension du système peut ainsi aller s'infiltrer au sein même de la psychologie, et on observe que la mentalité de « la loi du plus fort », qui est l'essence du système », a besoin d'appartenir aux humains qui assurent les transactions si on veut que le système fonctionne bien. C'est à dire que l'esprit dans lequel le système est conçu n'a de cesse de se projeter dans la conscience des gens qui l'adoptent.

Le jour où on a pris conscience de l'existence du système, on s'est donc du coup aperçus que le système actuel était un système par défaut engendré naturellement par la nature, sans aucune conscience ni volonté ni liberté.
Comme tous les systèmes par défaut, il a l'avantage de répondre au plus grand nombre de problèmes possibles avec la plus grande simplicité possible, il est valable pour à peu près tout, mais si on le pousse un peu, dès qu'on a besoin de répondre aux exigences engendrées par ce même système, il apparaît soudainement qu'il faille le rénover, et donc surtout, en prendre conscience, la maîtriser, et qu'il soit l'objet de la conscience et de la liberté.

Dès lors il se produit qu'il faut créer des mécaniques artificielles qui vont se substituer aux mécaniques naturelles, et qui devront, avant même de répondre aux exigences nouvellement engendrées (comme la pollution, les guerres incessantes, la famine, etc...) devoir répondre avec une efficacité supérieure ou égale aux fonctions qui sont sont pourtant parfaitement déjà bien remplies par le système observé comme caduque.

Et il n'est pas question de mixer les systèmes, car ils entrent en rivalité immédiatement créant des zones de combat qui sont improductives pour les deux systèmes. Au contraire, une des lois de la nature montre que deux composants d'un même système ont tendance à s'entraider et s'enrichir mutuellement, tels les atomes qui mettent en commun le même électron pour qu'il aille entrer dans la comptabilité des deux atomes, formant ainsi une molécule nouvelle, dont les propriétés sont très largement supérieures à l'addition des propriétés des deux composants, comme l'oxygène et l'hydrogène forment l'eau (H2O).

Bref, la volonté du système n'est pas de s'étendre, c'est une propriété intrinsèque de la définition même de tout système. C'est la même chose mais ce n'est pas la même chose !

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« La matière n'existe pas et par conséquent, vouloir dominer la matière revient à vouloir dominer le Néant »

(L'auteur revient sur le fait que la matière soit elle-même considérée comme « le système » et les pathologies que ça engendre, quand l'augmentation de la puissance militaire n'arrive décidément pas à « contrôler » les événements (et l'Histoire).

Cela me rappelle ce qui se passe quand on rase une forêt pour son bois, bien que ne prenant pas le reste, le reste est également détruit. Bien qu'il n'ait pas été pris en compte dans le calcul, des dizaines de milliers d'espèces animales et végétales sont annihilés. C'est à dire que ce qu'on ne voit pas n'est pas forcément inexistant (et les conséquences ne tardent jamais à s'en faire ressentir), et dès lors : ce qu'on voit est-il suffisant pour définir l'existant ?

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« logique de force » et « logique de la quantité »

Ces seuls termes même isolés de leur contexte suffisent à décrire les conséquences de l'absence de conscience de la relativité des dimensions.
Ce qui se passe quand un système organise la matière a bien plus d'importance et de portée au moment où s'échangent les informations qu'au moment où, par conséquence de ces résultats, s'échangent les matières.

L'informatique c'est bien la science de l'échange de l'information et ce terme est plus facile à comprendre quand on utilise celui d'algorithme. A cet endroit, immatériel et adimensionnel, se jouent les plus beaux phénomènes de l'univers, et tout le reste n'en n'est que la conséquence.
(Quand un commerçant établi un prix, il utilise un algorithme mentalement auquel il affecte des paramètres nombreux et variés).
Mine de rien quand on voit cela on n'est plus impressionné par l'ampleur d'une explosion, puisque au fond, cette opération mathématique est d'une très banale complexité.

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« le Système ne répond pas à la force »

Ou les égarements d'une civilisation en train de découvrir l'existence des systèmes...
On l'a vu, la seule manière de remonter le fil des cause-conséquences, l'organisation étant en amont des mouvements, c'est quand on place comme « chef d'orchestre » de la mécanique une volonté nourrie par l'expérience des mouvements.
C'est à dire, tout simplement, que l'observation des résultats seuls a une influence réelle sur l'organisation et la façon dont le système est dans le devoir d'évoluer.

Souvent dans la psychologie sociale les gens cherchent à forcer ces observations en se définissant eux-mêmes tels qu'ils voudraient qu'on les voit, alors pourtant que ce faisant ils se placent à son exacte opposé (en disant « je suis le plus fort » au lieu d'attendre que cela soit constaté honnêtement et impartialement).
Les actes de guerres menés par les américains ne servent qu'à déclarer leur « force » afin de donner du poids à leurs paroles, ce qui n'a de cesse de les placer comme « s'attaquant aux faibles », ce qui les discrédite.

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« Un centre double et une double périphérie »

(c'est intéressant !)

Les systèmes descriptifs sont toujours symboliques de la réalité et n'ont pour seule valeur que l'utilité de ce qu'ils permettent de mettre en lumière, à savoir en l'occurrence le fait qu'on puisse se « tromper de centre » en poursuivant une illusion qui n'est que l'étape-finale d'une chaîne cause-conséquence.
Une fois ce travail fait, le système descriptif peut être détruit (en étant contents de ses bons services).

Ainsi si on cherche une définition d'un système, on finira très vite par retomber sur des préceptes bouddhistes sur l'impermanence de la réalité, et l'illusion de sa description.

Avant tout un système, contrairement au système social mondial actuel, est dans le devoir d'être modulaire, capable d'évoluer et de s'adapter, car ce n'est que comme cela qu'il parvient à exister de façon pérenne.
Dès lors toutes les relations entre ses composants ne doivent plus être que le fruit de paramètres.

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« nous ne cherchons pas ici à imposer nos vues, ce qui serait encore une fois faire le jeu du Système »

En faisant toutefois une petite prière pour que leur utilité soit reconnue !

Tous les maux du monde

philum.info

La relativité du Droit
philum.info

à propos de ce que l'auteur appelle « la pensée racine » :
les anciennes croyances

philum.info

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Deuxième article : L'ennemi mortel du Système
Xavier de Lacaze, le 4 juin 2011
paru sur dedefensa.org
puis chez pat.philum.org
pour atterrir à : philum.info

« Après avoir défini le Système »

L'auteur a tenté de définir ce qu'est un système pour ensuite prolonger sa réflexion, sans peut-être avoir pris en compte la puissance de la rétroactivité à l'oeuvre dans tout système, y compris le simple fait de se lancer dans une description.
C'est à dire qu'il sera forcément question de réinjecter dans la définition du système les éléments découverts à la suite du développement de sa description.

C'est donc toujours très hypothétique d'avoir réussi à définir ce qu'est un système, dès lors qu'on se place dans le cadre des fonctionnements, puisque pour ce faire, l'esprit a toujours tendance à se référer aux conséquences de ce fonctionnements dont ensuite il obtient par déduction la cause, et donc en risquant d'omettre toutes les autres causes d'un même fonctionnement et tous les autres fonctionnements qui peuvent être en cause...
Pour redire la même chose plus clairement, quand on développe une application et plus particulièrement quand on se trouve en train d'écrire des routines utilitaires qui sont sensées servir à diverses fonctions, elle doit être suffisamment générique pour pouvoir suffire à créer de nouvelles fonctions dont on n'a pas encore idée. Elle doit être « scolaire », et sans jeu de mots « scalaire » c'est à dire selon le terme de « l'invariance » (invariance des échelles de mesure, appartient au vocabulaire cosmologique), être capable de s'appliquer autant à des petites opérations qu'à des opérations majeures (où parfois à l'intérieur desquelles on retrouve encore les mêmes appels à cette même routine).

L'histoire c'est que le système actuel n'a pas pu prendre en compte dans son fonctionnement ce qui est devenu une partie primordiale des échanges, à savoir les échanges numériques (immatériels) pour lesquels il est impropre de parler de « propriété ». Dès lors le système des échanges se casse la figure (pas que pour cela) et au moins il révèle la réalité selon laquelle « un bon système » aurait été capable de rendre possible ce que les humains désirent faire, réaliser et produire.

Quand on y regarde bien, l'énergie libre et gratuite, la robotisation de toutes les industries, le fait que tout le monde vive heureux et en paix n'entrent pas dans le cadre de ce dont le système est propriétaire.
Il est évident que tout est faire pour retarder les véhicules électriques et les énergies de substitution, puisqu'elles engendreront moins d'argent pour les industries, ce qui finirait de détruire le système. En Chine on a réussi à remettre des hommes pour faire le travail de robots quand même !

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« La Réalité métaphysique est l'ennemi mortel de la pensée racine. »

Quand l'auteur énonce cela, il faut s'assurer que le lecteur comprenne bien « la pensée racine qui est l'objet de l'étude actuelle », car au fond ce dont il est question, c'est de faire muter « la pensée racine » de sorte qu'elle devienne capable d'incorporer des notions de la topologie des systèmes, c'est à dire en fin de compte, des notions de relativité.

Comme je l'expliquais à peine hier (ça tombe bien !) les « anciennes croyances » ont pour principal problème d'être indélogeables, alors précisément que ce ne sont pas ces croyances qui sont à remettre en cause en particulier, mais de savoir à quoi il est bon qu'elles s'appliquent ou pas, bref de les désuniversaliser. Et souvent dès lors qu'on pose cette question, on se rend compte que ce à quoi ces anciennes croyances, que l'auteur appelle la pensée racine (on parle bien de la même chose c'est drôle !), peut s'appliquer avec succès, est souvent bien plus restreint que ce qu'on s'imagine.

En somme c'est comme si le paradigme déchu voulait aller s'appliquer par la force à des problématiques qui lui échappent totalement, comme quand un businessman impose à un scientifique de diriger ses recherches vers un focus qu'il aura bien plus de mal à atteindre que s'il y était arrivé par d'autres voies (pour donner un exemple concret !).

Mais ce qui se passe, c'est que avant de qualifier « la pensée racine » des maux qui affèrent à ce paradigme-là, il faut quand même voir que de nombreuses civilisations n'ont pas pour socle de leur psychisme des choses aussi absurdes que « la loi du plus fort ».
Et que si on veut changer le système, il convient de démontrer que « le plus fort » est surtout celui qui est le plus utile aux autres (par exemple).

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« Le mental, lui, ne fonctionne qu'en mode dual (le chaud et le froid, le haut et bas, la gauche et la droite). De ce fait, l'accès a la Réalité, qui est infinie, lui est totalement fermé »

Et voilà (les commentaires étant écris au fur et à mesure de la lecture c'est toujours plaisant de voir comment on retombe sur ses pattes)

Les rationalistes-matérialistes son eux aussi un bon exemple, surprenant, de tentative d'incorporer le réel au sein d'une mécanique qui clairement est insuffisante pour le faire.
C'est surprenant parce que en fin de compte, le système social des échanges hérité par sédimentation culturelle et jamais pensé ou voulu par personne, « par défaut » (la version 1.0 si on veut, celle qui est toujours la plus buguée) n'est lui-même que le reflet de ce matérialisme, il en a exactement les mêmes propriétés.
La question de la rénovation ou même carrément de la création d'un vrai système et d'une réelle organisation « réellement rationnelle » va donc appartenir au champ de l'intelligence ; c'est à dire en somme, ce que « la nature » n'a pas su faire, mais hé ! c'est pourquoi elle a eu besoin de créer les hommes.

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« III - La responsabilité de l'homme »

cette lecture est vraiment passionnante, à chaque fois que je prolonge une branche de réflexion, l'auteur me rattrape dans les lignes qui suivent, c'est drôle.

« Il est facile de reconnaître que les serviteurs du Système sont aussi ses prisonniers »

« L'humanité en esclavage

Nous avons dit dans notre texte précédent que la pensée racine était contemporaine de l'époque de Newton »

C'est vrai, selon mon analyse c'est comme si l'humanité avait mal digéré l'idée que la terre était ronde, et donc finie. Newton met des mots sur ce qui n'a jamais été observé alors pourtant que c'était sous nos yeux, c'est l'avènement de la science qui promet qu'elle est capable d'expliquer rationnellement le réel.

Ensuite il y a eu Darwin qui était dans la même veine, mais ce que ni les scientifiques de l'époque ni les spectateurs ébahis ne savaient c'est qu'il est illégal de réduire une découverte scientifique à un dogme pour ensuite en faire une pensée racine. Car inéluctablement, elle sera insuffisante, et donc dangereuse. Et souvent, comme quand il était question au premier article d'accuser la matière des maux dûs à l'organisation de la matière, il a souvent été question d'accuser les théoriciens des maux qui découlaient de l'impossibilité de transformer une théorie scientifique en dogme.

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« la mise en esclavage de l'humanité »

C'est fascinant d'observer comme un système cherche à remplir les vides laissés par l'absence de pensée, et comment il en a découlé l'impérialisme, l'esclavage, et à partir de là, d'observer pourquoi la mise en esclavage ou au moins la mise sous tutelle d'un paradigme cherche toujours à s'appliquer à ce qui en périphérie du système.

C'est comme quand les politiciens disent que le grave problème dans la société ce sont ceux qui ne travaillent pas et touchent des allocations, alors qu'en fait c'est le moindre de ses problèmes, c'est parce qu'il cherche encore à s'étendre et à se croire capable d'être utile dans tous les cas de figure, alors pourtant que son centre est en train de se désagréger (pour reprendre le système descriptif instauré par l'auteur du double-centre), et que même les lois perdent progressivement de leur respectabilité.

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« Depuis l'avènement de l'industrie électronique, la puissance des processeurs a été sans cesse accrue et cela de manière exponentielle. Personne, dans cette industrie, ne saurait expliquer pourquoi il faut à tout prix augmenter les capacités des processeurs »

Ben si, les fabricants de systèmes le savent très bien, c'est parce que les systèmes sont insuffisants, et le temps qu'il va falloir pour écrire le code doit être mit à profit pour augmenter la puissance de calcul, afin que le deux se rencontrent.
En général, la complexité et la puissance s'annulent de sorte qu'un ordi d'aujourd'hui est toujours à peu près aussi rapide que les premiers ordis de 1970, à part qu'on ne lui demande pas de faire 100 calculs à la seconde, mais des milliards.

Il est vrai cependant qu'on pourrait se contenter de l'existant pour lui faire gagner en efficacité au lieu d'aller puiser dans les ressources pour faire tourner des logiciels qui sont de véritables empires labyrinthiques. Si la progression en puissance s'arrêtait, elle continuerait quand même par le biais de la progression en efficacité, jusqu'à ce que la puissance devienne absolument nécessaire.

Mais il faut bien comprendre que tout système, et surtout les logiciels, ne fait jamais que d'appeler plus de complexité si on veut qu'il fonctionne de manière efficace. Parmi les efficacités recherchées il y a surtout le fait que l'utilisateur soit « démoniaque » (tellement il est dangereux dans sa capacité à ne rien comprendre) et rien que cette perspective est responsable d'une grande quantité de la sophistication des logiciels, et donc des besoins en puissance.

Et cela a un coût extraordinaire quand on voit que les processeurs d'aujourd'hui consomment 125 Watts...

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A propos de la capacité à voir avec le coeur :

« il est fréquent que des experts, s'appuyant sur leur raison, soient complètement aveugles face à ce que des non experts, s'appuyant davantage sur l'intuition de leur coeur, distinguent avec clarté »

Selon le schéma de la pensée racine qui s'auto-alimente des conséquences de son activité, il apparaît en effet flagrant que les dimensions affectives ou simplement « humaines » puissent être négligées.
La négligence, (je sais pas pour les politiciens mais en tous cas quand on travaille dans une entreprise) est toujours très lourde de conséquences (on peut se faire virer !).

Les milieux dont parlaient l'auteur (sur l'affaire DSK, ainsi libéré d'un milieu étouffant quasiment inconsciemment) où l'on se félicite des victoires matérielles en montrant les dents pendant qu'on rit, sont un terreau propice à la rétro-alimentation des anciennes croyances jusqu'au stade où il apparaît invraisemblable que des notions aussi simples et humaines que la compassion puissent être oubliées.
Je prenais l'exemple des « lois de la guerre » qui servent de bouclier pour justifier des actions de guerre, dont le but est de tuer et de faire souffrir. Aussi absurde que cela paraisse, ce qu'il convient d'observer c'est à quel point les paradigmes élevés au rang de dogme, qui sont l'alpha et l'oméga de la réflexion, sont un piège à con. Et par cet exemple, on observe le système social humain arrivant aux limites de ses capacités uniquement pour avoir une chance de continuer à fonctionner à peu près normalement.

Tous les humains devraient travailler 18 heures par jour et reverser 100% de leur argent dans des objets en plastique si le système veut continuer à vivre.
C'est à dire que le seuil où on est sensés se rendre compte de la caducité du système a déjà été dépassé depuis longtemps, mais l'avènement de la prise de conscience a toujours du retard sur ce seuil, surtout quand il est inattendu, et qu'il n'a pas été guetté avec soin, et cela, en raison du fait qu'on ne sache pas quoi faire quand cela arrive.

Ce terme que j'utilise souvent de la « cécité mentale » était dans mon exemple quand il s'agissait à un politicien de s'en prendre aux chômeurs, qui sont en bordure du système, dans la mesure où, au lieu d'observer et prendre note de la déficience du système, il va accuser les gens de ne pas jouer le jeu (du monopoly).

L'auteur nous avait prévenu que le champ de cette étude était un nid à pièges, illusions et faux semblants et qu'il allait falloir se faufiler pour trouver son chemin ; comme c'est le cas pour tous les sujets un peu pointus et donc impropres à passer à a télé...

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« les hommes n'ont pas choisi de créer le Système, mais ils ont consciemment posé chaque acte qui l'a créé, lui a donné vie et l'a fait grandir »

C'est bien là l'origine de la difficulté de se sortir d'un schéma de pensée qui s'avère insuffisant par la force de l'objectivité.

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Le coeur sacré de l'homme (à lire absolument !)

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« à la fin il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée »

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« soutenir dedefensa faisait aussi parti de la lutte contre le Système »

Ahaha

je m'excuse tout en souhaitant bien du bonheur à Dedefensa et à l'auteur de ces articles :
Je ne le pense pas.
Le point de fuite du système c'est justement la gratuité, et cette gratuité est, dans le cadre du système actuel, un tailladage de veines qu'on s'auto-impose. Ceux qui le font, dont je fais partie, se sont demandés si c'était une bonne idée, mais l'ont fait en dépit de tous les incessants rappels à l'ordre en provenance de la Raison.

Car justement l'éthique c'est de faire des choses sans vraiment être capable d'en dire la raison, avec la foi en ce qu'un jour elle pourra trouver une justification.

Et soudain, aussitôt passé dans le monde de la gratuité (fabriquant des logiciels libres – que même les entreprises peuvent utiliser dans un but lucratif) déjà au moins produit une récompense de taille bien plus importante que tous les contrats pour création de sites que j'aurais pu espérer obtenir, est apparue : ça confère la légitimité nécessaire pour critiquer les lois injustes contre la gratuité (comme Hadopi), et surtout ça permet de visualiser plus clairement les mécaniques qu'il faut mettre en place pour créer un système social non injuste.

voir « Un autre monde » : newworld.philum.org

Car enfin, il est certain qu'il va falloir que l'humanité fasse « un bond » en avant, et ce bond, va à l'encontre de toute raison, guidé uniquement par la coeur (que l'auteur a très brillamment illustré avec ses sept couleurs). C'est un acte de courage et d'abnégation. Ce n'est pas gratuit, car rien de bon n'arrive sans prendre un risque proportionnel à ce qu'on désir voir arriver.

Toute l'humanité va devoir faire ce bond en avant, comme quand Indiana Jones pose son pied dans le vide en ayant supposé qu'en fait il y avait un pont invisible.

C'est d'ailleurs avec cette mentalité qu'on fabrique des systèmes qui fonctionnent, d'abord on règle tous les problèmes, puis on n'a plus qu'à prier pour que tout marche bien.

(et pas l'inverse, ahaha)

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