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19 avril par Agence France Presse

C'est son grand jour devant le Congrès où il accuse, martèle, s'indigne : le vice-ministre argentin de l'Economie Axel Kicillof, 40 ans, favoris et tête de gosse, est l'homme qui fait trembler l'Espagne, le cerveau derrière l'expropriation de la compagnie pétrolière YPF.

"Nous sommes devant une décision historique", dit ce jeune militant de La Campora, le mouvement de jeunesse péroniste de gauche fondé par l'ancien président Nestor Kirchner (2003-2007) à son arrivée au pouvoir. Il parle pendant près de deux heures sans s'arrêter.

Autour de lui, des "éléphants" du péronisme en costume-cravate, qui ont défendu bec et ongles la privatisation d'YPF en 1992 en pleine vague néo-libérale sous la présidence de Carlos Menem (1989-1999), écoutent en silence tout acquis à leur nouvelle cause : la souveraineté nationa.

"Il y a une divergence entre les objectifs à court terme de cette compagnie et les intérêts du pays", lâche cet économiste keynésien, que le tout puissant secrétaire argentin au Commerce, Guillermo Moreno, appelle "le gamin".

Axel Kicillof, "Ax" pour les amis, fait référence à l'Espagnol Repsol qui contrôlait YPF avec plus de 57% des actions avant ce lundi qui l'a vu débarquer en milieu de journée au siège de la compagnie. Les directeurs espagnols, choqués, avaient dû quitter l'immeuble en catastrophe.

Il a suffit d'un "Décret de Nécessité et d'Urgence" (DNU) présidentiel pour que ce professeur d'Economie à l'allure estudiantine, parlant l'anglais et le français, préférant la chemise ouverte à la cravate, devienne le n° 2 d'YPF en attendant l'adoption du projet de loi d'expropriation.

L'auteur des "Fondamentaux de la théorie générale. Les conséquences théoriques de Lord Keynes" et "De Smith à Keynes : sept leçons d'histoire de la pensée économique", nommé vice-ministre de l'Economie en décembre, fait partie de la nouvelle génération
propulsée par la présidente Cristina Kirchner au lendemain de sa réélection.

"Allez-vous me laisser finir ?", lance-t-il à un parlementaire de l'opposition qui vient d'oser lui couper la parole. Axel Kicillof s'énerve, écarte son microphone d'un geste pour se plaindre.

Cet ancien militant du mouvement étudiant TNT ("Tontos Pero No Tanto", "Bêtes Mais Pas Tant que Ca"), qui aime porter ses manches
de chemise sport boutonnées, déteste qu'on l'interrompe.

Il continue : "J'ai souvent observé, dit-il, comment les compagnies internationales, lorsque leur maison-mère avait des difficultés financières, utilisaient leurs filiales pour engranger des dividendes à un rythme beaucoup trop soutenu pour les besoins du pays".

Pour illustrer son propos, il montre quelques tableaux : "Repsol a distribué 15,7 milliards de dollars (11,9 mds d'euros) de dividendes entre 1999 et 2011", dit-il. "Il n'avait dépensé que 13,15 milliards de dollars (10 mds d'euros) dans l'acquisition d'YPF".

Puis s'en prend au président de Repsol lui-même, Antoni Brufau. "La production d'hydrocarbures de Repsol a baissé parce que Brufau nous demandait d'avoir accès au prix international du pétrole ou alors de le laisser exporter davantage", s'est-il plaint.

"Lui, qui parle d'une excellente gestion, il doit 9 milliards de dollars (6,8 mds d'euros) !", s'exclame-t-il. Parfois, la dette est déguisée en investissements : Brufau nous a dit qu'il n'avait pas d'argent pour investir ! Où est passé l'argent ?".

En même temps, depuis Puerto Vallarta, au Mexique, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, laisse exploser une nouvelle
fois sa colère. "C'est une décision négative", dit-il. "Je dois montrer mon profond malaise devant la décision prise par le gouvernement argentin".

Source : AFP 180821 AVR 12

cadtm.org

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articles enfants ordre chronologique

André Maltais

Le 16 avril, la présidente de l'Argentine, Cristina Fernandez, annonçait la prise de contrôle par l'État de l'entreprise pétrolière, Yacimientos petroliferos fiscales (YPF), privatisée, en 1999, par l'ex-président néolibéral Carlos Menem.

30 mai par Claudio Katz

L'intervention de YPF et l'introduction d'une gestion étatique de l'entreprise sont des mesures nécessaires pour commencer à mettre fin au pillage énergétique mais ne sont qu'un point de départ pour la récupération des ressources pétrolières.

Pendant une décennie, l'exploitation par Repsol a mené à l'épuisement des puits et des réserves sans parler du non entretien des installations existantes.

Repsol Mata

Le 16 avril, la présidente argentine Cristina Kirchner décidait de nationaliser partiellement la compagnie pétrolière YPF en expropriant notamment la compagnie espagnole REPSOL. Bien qu'approuvée par une large majorité du Congrès argentin, cette décision a soulevé de vives critiques au niveau international chez les défenseurs du capitalisme néolibéral.

La présidente Cristina Fernandez a annoncé le 16 avril que l'Etat argentin prenait le contrôle de l'entreprise YPF (naguère Yacimientos Petrolíferos Fiscales), filiale locale de la multinationale espagnole des hydrocarbures Repsol. Un projet de loi présenté par la chef de l'État déclare la production d'hydrocarbures « d'intérêt public national », et annonce que 51 % des actions d'YPF seront expropriées.

resistance-politique.fr

Le Parlement européen a approuvé une résolution qui invite l'union européenne à prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre à la décision du gouvernement argentin de nationaliser la compagnie pétrolière YPF, contrôlée par le groupe espagnol Repsol.

21 avril par CADTM Abya Yala Nuestra America, CADTM Europe

Le CADTM Abya Yala Nuestra America (CADTM AYNA) et le CADTM Europe soutiennent fermement le droit souverain de la nation argentine de déclarer d'utilité publique YPF, la principale entreprise pétrolière opérant sur son sol et à exproprier les actions appartenant à l'entreprise Repsol qui la contrôle aujourd'hui.

par Marcelo Justo

« The Financial Times » et « Reuters » ont consacré hier un vaste espace à une supposée offre du groupe chinois Sinopec pour les actions de YPF de Repsol, bloquée après l'annonce du gouvernement argentin. L'agence britannique [Reuters] citait la chinoise web Caixin, selon qui, « des sources de Sinopec assuraient que le groupe pétrolier étatique chinois s'était mis d'accord pour payer 15 milliards de dollars pour 57% des actions en pouvoir de Repsol ».

Le gouvernement de l'Argentine, présidé par Cristina Fernández de Kirchner, a confirmé les rumeurs de ces derniers jours et a annoncé la nationalisation de l'entreprise YPF, filiale de la multinationale REPSOL. Dans cet article nous compilons l'information la plus significative que nous avons publiée ces derniers jours sur cette question.

En premier lieu, il convient de faire quelques éclaircissements au sujet de la mesure elle-même, puisque pour le moment les informations sont imprécises.

par Claudio Katz *

L'intervention d'YPF et l'introduction d'une gestion étatique de l'entreprise sont des mesures nécessaires pour commencer à inverser la mise à sac énergétique. Mais ils constituent seulement un point de départ pour récupérer les ressources pétrolières.

Une décennie durant REPSOL fut à la tête de la dévastation des puits, des réserves et des installations pré-existantes.