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lundi 16 avril 2012, par Alain Gresh

Des centaines de militants européens et étrangers souhaitaient se rendre en Palestine pour exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Ils ne venaient ni poser des bombes, ni attaquer des bâtiments publics. Israël a décidé de leur interdire l'accès aux territoires palestiniens : une nouvelle preuve que ceux-ci sont, purement et simplement, des territoires occupés.

Pour cette violation du droit de circuler librement, le gouvernement israélien a bénéficié de la complaisance des gouvernements européens, qui ont tout fait pour mettre en oeuvre l'interdiction. Et les compagnies européennes y ont contribué, au nom de la convention de Chicago (lire la justification d'Air France, « Air France, Easyjet ou Lufthansa annulent des billets vers Israël », 15 avril.)

Laissons les aspects politiques et diplomatiques de cette affaire pour aborder un autre point : si Air France est tenue d'appliquer la convention de Chicago, peut-elle le faire en violant la Déclaration universelle des droits de l'homme et les lois françaises ? Il est interdit, en effet, de discriminer une personne en fonction de sa couleur ou de sa religion. C'est pourtant ce qui s'est passé, en particulier à Nice, où la compagnie a refusé un embarquement en arguant que la personne n'était ni israélienne ni juive ! (voir le document ci-dessous).


Source : Europalestine, « Le racisme d'Israël et d'Air France au grand jour ».

Il ne s'agit pas d'une simple bavure, puisque Jean-Charles Tréan, directeur du service de presse et des études, précise, en réponse à une question que je lui ai posée : « C'est dans ce cadre que le Chef d'Escale de Permanence à Nice pour le vol AF 4384 du 15 avril 2012 a, sur demande des autorités israéliennes, posé, en leur nom, les deux questions citées. Cela a d'ailleurs permis d'identifier le fait que la passagère concernée n'était pas admise sur le territoire israélien. » On est en présence d'un cas flagrant de discrimination qui devrait être porté devant les tribunaux.

Précisons, pour la petite histoire, que des diplomates français ont aussi été interdits de voyager (« Israeli official : 40% of names on Shin Bet fly-in blacklist were not activists », Haaretz, 16 avril). Et ne vous attendez pas à des protestations de la France.

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