Par Addameer
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Ramallah, 24 mai 2012 - Israël a déjà violé les termes de l'accord répondant aux revendications des près de 2.000 prisonniers politiques palestiniens une semaine à peine après qu'ils aient mis fin à leur historique grève de la faim de masse. Deux prisonniers restent en grève et sont dans un état de plus en plus critique, sans accès à des soins médicaux indépendants. Mona Neddaf, avocate d'Addameer, a rencontré 5 prisonniers hier dans le centre médical de la prison Ramleh, dont les deux grévistes de la faim.

Mohammad Sarsak et Akram Rikhawi
Mahmoud Sarsak, 25 ans, est à son 67ème jour consécutif de grève de la faim aujourd'hui pour protester contre sa détention sans inculpation ni procès dans le cadre de la loi israélienne sur les Combattants illégaux, qui garantit encore moins de protections juridiques qu'aux Palestiniens détenus dans le cadre de la détention administrative. Malgré des déclarations selon lesquelles il serait libéré en juillet, les autorités israéliennes n'ont pas encore communiqué à Mahmoud une date de libération précise. Pendant la visite de Mme Neddaf, l'état de santé de Mahmoud était si grave qu'il n'a pu lui parler que pendant quelques instants.
Akram Rikhawi est lui aussi en grève de la faim, depuis 43 jours. Akram est au centre médical de la prison Ramleh depuis son arrestation en 2004, car il souffre d'asthme, de diabète et d'ostéoporose. En conséquence, sa grève de la faim a été encore plus dure pour son organisme et sa santé est maintenant très fragile.
Mme Neddaf a également rencontré Bilal Diab et Thaer Halahleh, qui ont mis fin à leurs 77 jours de grève de la faim le 14 mai. Selon elle, Bilal souffre de maux d'estomac et de migraines et son organisme rejette la plupart des aliments, à part la soupe et le lait. Le médecin de la prison lui a dit que sa période de convalescence se poursuivra vraisemblablement pendant les deux prochaines années. Bien que l'accord stipule un assouplissement des restrictions des visites familiales, la mère de Bilal s'est vue interdire de voir son fils, il y a deux jours, sur de vagues motifs de "sécurité". Thaer ressent de vives douleurs à l'estomac, au pancréas et au dos. Le 20 mai, il a été transféré à Ofer pour interrogatoire puis ramené au centre médical de la prison Ramleh. La libération de Thaer et Bilal est prévue à l'expiration de leurs ordres de détention administrative en cours, respectivement le 5 juin et le 11 août. Ils ont déclaré qu'ils reprendraient immédiatement leurs grèves de la faim si l'accord sur leur libération est rompu.
Mohammad Taj avec sa mère Dalal, avant sa grève de la faim
Mohammad Taj a interrompu ses 60 jours de grève de la faim pendant une journée, lorsqu'il lui a été dit que sa demande d'être traité comme un prisonnier de guerre serait satisfaite, et il l'a reprise le 15 mai lorsque les services pénitentiaires israéliens n'ont pas respecté l'accord verbal. Depuis, il a mis fin à sa grève le 21 mai et a raconté à Mme Neddaf les détails des mauvais traitements qu'il a subi pour l'empêcher de reprendre sa grève de la faim. Mohammed a déclaré sous serment avoir été transféré de Ramleh au centre d'interrogatoire de Al-Jalameh le 15 mai. Il a été violemment battu et dénudé de force. Les geôliers ont également essayé de l'obliger à boire du lait.
Outre ces violations individuelles et graves, Addameer a déjà documenté des cas dans lesquels Israël a ignoré de façon flagrante l'accord signé en ce qui a trait à la pratique de la détention administrative. Bien que l'accord déclarait que l'utilisation de la détention administrative serait restreinte, de multiples prolongations d'ordres en cours ont été prononcées cette semaine. Des personnes qui venaient d'être arrêtées ont également reçu des ordres de détention administrative.
Addameer demande des comptes pour toutes les violations aux droits de l'homme d'Israël liées aux grévistes de la faim, qui continuent aujourd'hui. Il est impératif que Mahmoud Sarsak et Akram Rikhawi reçoivent immédiatement des visites de médecins indépendants et qu'ils soient transférés dans des hôpitaux publics où ils pourront recevoir des soins médicaux adéquats et urgents. Addameer appelle la communauté internationale à tenir les autorités israéliennes pour responsables de l'accord qu'elles ont signé et qu'elles cessent les mauvais traitements systématiques qu'elles infligent aux prisonniers palestiniens.
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Source : Addameer
Traduction : MR pour ISM

