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par Eduardo Febbro

De ces deux forces qui ont contrôlé la vie politique grecque depuis 40 ans, concrètement à partir de la chute de la dictature des colonels de 1974, seulement une a survécu à l'hécatombe : La Nouvelle Démocratie. Les conservateurs de ND se mesurent ce dimanche dans les urnes avec un mouvement émergent, la coalition de gauche radicale Syriza. Entre les deux, il manque, l'autre acteur, à côté de La Nouvelle Démocratie, qui a participé à la gestion désastreuse du pays : les socialistes du Pasok. Balayé par la crise, par les plans de rigueur, le clientélisme et la corruption, le Pasok s'est fait déborder par Syriza et son jeune dirigeant, Alexis Tsipras.

En novembre dernier, Syriza était presque une anecdote. Aujourd'hui il peut recommencer à renouveler et surpasser même les scores obtenus lors des élections législatives du 6 mai dernier, où elle est arrivée deuxième avec presque 17 % des votes. Tsipras représente un nouveau courant dans la mesure où il incarne une autre forme de faire de la politique : tout le distingue des politiques nationaux classiques. Jeune, 37 ans, en même temps doux et ferme, le dirigeant de la gauche grecque est récemment entré au Parlement en 2009. La crise l'a mis au premier plan de façon inespérée. Si les urnes penchent en sa faveur, aujourd'hui dimanche il pourra essayer de former encore une fois un gouvernement. En mai il avait échoué faute d'accords pour structurer une coalition de gouvernement.

Le montage nécessaire pour gouverner est complexe, autant que la trajectoire immédiate d'Alexis Tsipras et de son adversaire de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras. Au début juin, quand il a présenté le programme pour les élections de ce dimanche, Tsipras a mis une limite au mémorandum qui fixe le programme d'ultra austérité que l'Union Européenne, la banque Centrale Européenne et le Fonds monétaire international ont négocié avec la Grèce en échange d'un sauvetage : « ou il s'applique ou il s'annule, et nous l'annulerons », a dit Tsipras. Les vents propices des sondages ont atténué sa position initiale : Tsipras n'évoque plus « une annulation » mais il parle de « renégocier » le texte controversé. Antonis Samaras n'échappe pas non plus aux ambiguïtés. En mai 2010, Samaras s'est opposé au mémorandum, et ensuite il s'est mis à défendre son application avec bec et ongles pour, enfin, finir par proposer une « renégociation amicale » de ce plan qui a plongé la Grèce dans une crise dense. Le plus sûr est que ce dimanche personne n'atteint les 38 %¨des votes sont nécessaires pour disposer de la majorité absolue et pour gouverner.

La Nouvelle Démocratie et Syriza sont coude à coude dans les sondages d'opinion avec une marge qui oscille entre 25 et 31 %. En troisième lieu arrive le Pasok, avec un éventail qu'oscille entre 9 et 13 % (ils avaient 44 % en 2009). L' unique sortie est donc d'essayer avec une, jusqu'à présent, coalition incertaine. À droite, la Nouvelle Démocratie, le Pasok et la soi-disant gauche modérée de Dimar. À gauche, Syriza avec Koisy - Accord Social - un nouveau parti créé en mai par une dissidente du Pasok, Luka Kastelli, plus le Parti Communiste, KKE. Mais avec un PC local pro soviétique et opposé au projet européen, cette alliance est un mirage. Les urnes diront si le bipartisme rénové entre Syriza et Nouvelle Démocratie - avant ce fut ND et les socialistes - apporte une solution.

Si la logique qui court jusqu'à présent se prolonge, il est probable que Syriza sorte avec le pouvoir : entre 2009 et 2011 Syriza a multiplié par quatre ses pourcentages de votes et avec cela il a fait voler en éclats le bipartisme classique qui régnait en Grèce depuis la chute des colonels - de juin 1974-. Hier, lors d'une discussion avec le député de Buenos Aires Alejandro Bodart (MST dans le Mouvement Proyecto Sur), Tsipras a cité comme un exemple et comme talisman de la victoire, l'Argentine. Le dirigeant grec a dit à Bodart que « peut-être les argentins qui sont venus jusqu'ici nous porteront chance ». Ensuite, Tsipras a ajouté que « le peuple argentin a résisté et résiste encore. C'est un exemple pour tout le monde de comment on peut surmonter une crise et une tragédie humaine grâce au peuple qui est à l'avant-garde ».

Página 12. Depuis Athènes, le 17 juin 2012.

Traduit de l'espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo. Paris, le 17 juin 2012.

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articles enfants ordre chronologique

Par Jordan Shilton
29 juin 2012
(Article original anglais paru le 23 juin 2012)

La catastrophe économique et sociale qui se développe en Grèce ramène au premier plan des conflits géopolitiques anciens.

Les désaccords régionaux entre la Grèce et la Turquie et la compétition montante entre les grandes puissances en Méditerranée orientale pourraient évoluer vers une confrontation dans le contexte d'une incertitude économique qui s'aggrave.

Yann FIEVET

Le 17 juin dernier, la Droite conservatrice a remporté les élections législatives en Grèce. Aussitôt et partout les Bourses se sont redressées - certes pour quelques heures seulement - pour marquer la satisfaction des « milieux » financiers de constater que leurs intérêts ne seront pas menacés par le pouvoir politique resté fidèle à l'orthodoxie européenne en la matière.

Chose étonnante, on a appris coup sur coup cet après-midi que les deux principaux responsables de la question économique et financière du nouveau gouvernement grec devaient être opérés en urgence.

LE PREMIER MINISTRE GREC, BRUTALEMENT HOSPITALISÉ, NE PEUT PAS « VOIR » ANGELA MERKEL.

Une dépêche AFP de 15H20 informait que le nouveau Premier ministre grec, Antonis Samaras, souffrait d'un brutal décollement de la rétine.

Par Robert Stevens
23 juin 2012
Les difficultés sociales qui pèsent sur la population grecque déjà frappée par la pauvreté sont sans équivalent dans l'Europe d'après-guerre. Chaque jour on peut lire des comptes rendus déchirants des effroyables conséquences des mesures d'austérité de la troïka, constituée de l'Union européenne, du Fonds monétaire International et de la Banque centrale européenne.

Syriza, qui est dans l'opposition tout en étant sortie des élections avec un impressionnant soutien populaire, devrait mener une campagne active d'opposition et de propositions dans les mois qui viennent en favorisant les mobilisations populaires et en utilisant le parlement comme un moyen de lutte politique.

De même il est important que Syriza continue à s'adresser à l'opinion publique internationale et renforce les liens avec les mouvements politiques et sociaux qui, en dehors de la Grèce, sont prêts à s'engager activement aux côtés du peuple grec.

Par Julie Hyland
22 juin 2012
Le dirigeant du parti Nouvelle Démocratie, Antonis Samara, a prêté serment mercredi soir comme nouveau premier ministre de la Grèce pour prendre la direction d'un gouvernement de coalition avec le PASOK social-démocrate et la Gauche démocratique.

La Grèce est à nouveau dirigée par un gouvernement composé des deux partis - ND et PASOK - qui, ces cinq dernières années, ont plongé les travailleurs et les jeunes dans la misère.

20 juin par Attac France

Les grands médias, les dirigeants européens ont ouvertement menacé le peuple grec du chaos pour promouvoir la "Nouvelle Démocratie", qui remporte de peu les élections législatives en Grèce.

Le parti conservateur pourrait former une coalition avec le Pasok, d'orientation social-libérale, pour continuer à imposer le mémorandum et ses plans d'austérité drastiques qui ont mené le pays à une récession inédite et à une situation proche de la catastrophe humanitaire.

David Cronin

Quel pays réduit le plus les ressources de l'économie européenne : la Grèce ou l'Allemagne ? En dépit d'une différence au niveau de leur superficie, ces deux économies sont « renflouées » avec un niveau presque identique de liquidités.

Bloomberg, une agence de presse pas tout à fait bolchévique, a récemment mis en évidence les raisons pour lesquelles il ne nous faudrait éprouver aucune sympathie pour les banquiers de Francfort et de Berlin.

Paul KRUGMAN

Depuis que la Grèce a atteint le fond, nous avons beaucoup entendu parler de ce qui ne va pas et tout serait de la faute des Grecs. Certaines des accusations sont vraies, certaines sont fausses - mais elles sont toutes hors sujet. Oui, il existe de grandes insuffisances dans l'économie de la Grèce, sa politique et sans doute sa société. Mais ces échecs ne sont pas ce qui a causé la crise qui déchire singulièrement la Grèce, et menace de s'étendre à travers l'Europe.

Yorgos Mitralias Γιώργος Μητραλιάς

Athènes, 19 juin 2012- Il s'en est fallu d'un rien - 2,77% des voix - pour que la Coalition de la Gauche Radicale (SYRIZA) gagne les élections grecques et parachève triomphalement l'extraordinaire montée en flèche de son score électoral qui est passé de 4,5% à presque 27% en moins de 3 ans ! Cependant, la droite coalisée de Nouvelle Démocratie et ses acolytes de tout bord (les vieux sociaux-libéraux du PASOK et les apprentis sociaux-démocrates de la Gauche Démocratique) ont le droit de pousser un ouf de soulagement : la menace de la formation d'un gouvernement de gauche abolissant les mesures d'austérité vient de s'éloigner, au moins pour l'instant...

Par Chris Marsden
20 juin 2012
On s'attend à ce que le dirigeant de Nouvelle Démocratie (ND), Antonis Samaras, forme un gouvernement de coalition en Grèce, chargé d'appliquer les mesures d'austérité brutales convenues avec la troïka - l'Union européenne, le Fonds monétaire International et la Banque centrale européenne.

La victoire de ND est avant tout une condamnation de SYRIZA, qui a émergé comme le principal parti d'opposition, et de sa prétention de pouvoir s'opposer à l'austérité sans lutter pour le renversement de l'UE et de la bourgeoisie grecque.

Par Christoph Dreier et Katerina Selin
20 juin 2012
Le dernier rassemblement électoral du Parti communiste grec (KKE), qui s'est tenu vendredi dernier, ressemblait à ceux de ces dernières années. Les différentes catégories professionnelles du parti ont défilé, munies de nombreuses bannières du parti, et ont convergé en étoile vers un rassemblement central à la place Pedion Areos, à Athènes, où la secrétaire générale, Aleka Papariga, a fait une allocution d'une heure.

par Mercedes López San Miguel

En Grèce, comme dans d'autres pays d'Europe, ce qui est mis en cause par les indignés ou par la gauche radicale, c'est l'ordre néolibéral dont souffre une majorité de grecs [et européens] sous la forme de réduction de salaires et de retraites. La social-démocratie et les partis conservateurs se sont pliés à ce modèle en appuyant les plans d'austérité, l' « assainissement » du système auquel se réfère Angela Merkel quand elle utilise cet euphémisme pour se référer à la priorité sur les coupes.

Par Chris Marsden
19 juin 2012
Hier, le parti conservateur Nouvelle démocratie l'a emporté de justesse sur SYRIZA dans les élections législatives en Grèce.

Nouvelle Démocratie a obtenu 30 pour cent des voix. SYRIZA est arrivé immédiatement derrière avec 26,5 pour cent, recueillant le soutien populaire sur la base de ses critiques à l'égard des mesures d'austérité fixées dans le mémorandum signé avec la troïka - l'Union européenne (UE), le Fonds monétaire International (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE).