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Latina


Laurie Fachaux

Fernando Lugo, président de gauche élu en 2008, a été destitué hier par le Sénat. Cette procédure - légale selon la Constitution- est très critiquée par les pays latino-américains. Elle aurait pour but de faciliter la campagne du parti Colorado (de droite), neuf mois avant la présidentielle.

« Je suis victime d'un coup d'État express », a déclaré Fernando Lugo à la chaîne vénézuélienne Telesur jeudi. En effet, la destitution a été réglée en seulement quelques jours.

- Le 15 juin, des affrontements entre policiers et paysans qui occupent des terres au Nord du Paraguay font dix-sept morts - onze paysans, et six policiers. L'opposition accuse Fernando Lugo de complaisance à l'égard du mouvement des sans-terres. Le parti libéral (PRLA) quitte la coalition formée du parti de Lugo.

- Mercredi 20 juin, la Chambre des députés approuve le pamphlet accusateur contre le président l'« évêque des pauvres ». Le président Lugo dispose de 24 heures pour préparer sa défense.

- Vendredi 22 juin, Lugo « comparaît » devant le Sénat. Sans surprise, la destitution est votée à 39 voix pour, et quatre contre, en l'absence de deux sénateurs. Sans surprise car la coalition de Fernando Lugo ne dispose plus de l'appui du PRLA, le Parti Radical libéral Authentique. Dans les rangs des assemblées, on peine à distinguer les élus du parti de Fernando Lugo : trois sénateurs sur 48, et deux députés sur 80.

Le vice-président du parti libéral (PRLA), Federico Franco, devient donc le nouveau président du Paraguay, après ce

« procès politique hautement discutable », estime aujourd'hui la CIDH, la Commission Inter-américaine des Droits de l'Homme.
« Ceci n'est pas un coup d'État », se défend Federico Franco, qui assure même que « Dieu et le destin ont voulu que j'assume la présidence de la République ». Dieu ? Ou Horacio Cartes ?

La voie libre pour la présidentielle ?

Horacio Cartes est l'actuel dirigeant de l'historique parti Colorado, protecteur de l'oligarchie paraguayenne. (Le parti Colorado a gouverné le Paraguay sans interruption 63 ans, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Fernando Lugo.) Horacio Cartes est aussi le grand favori de la présidentielle d'avril 2013. Plusieurs experts affirment que derrière la destitution de Lugo, et l'excuse de l'occupation de terres qui a mal tourné, se cache la volonté de contrôler les arcanes du pouvoir pendant la campagne présidentielle, et le soir de l'élection.

Horacio Cartes

Les cas de corruption et de clientélisme sont un secret de Polichinelle au Paraguay. Ce mois-ci, une polémique a éclaté suite à la publication sur Youtube d'un extrait du documentaire « Dieu bénisse le Paraguay » du français Grégory Schepard.

Cette vidéo (retirée par Youtube) montre un militant du parti Colorado, le jour de l'élection de Fernando Lugo. José Alvarenga distribue de l'argent aux habitants d'un quartier pauvre d'Asunción, et les amène aux bureaux de vote. Le militant en question accuse le gouvernement - de Lugo - d'avoir acheté ces images afin de les manipuler.

Tout ce qui reste de la vidéo retirée par Youtube

L'Amérique latine divisée

La Bolivie, l'Équateur, et le Venezuela, ne reconnaissent pas le nouveau président libéral Franco. Pas plus que la présidente argentine Cristina Fernández. Le Brésil se prononcera lors du sommet du Mercosur, dès jeudi prochain en Argentine. Dilma Roussef, la présidente brésilienne, a déjà proposé d'expulser le Paraguay du Mercosur.

Le Chili et la Colombie, gouvernés à droite, se sont montrés plus cléments dans leurs critiques. Juan Manuel Santos, le président colombien, a d'ailleurs assuré que « formellement, l'ordre démocratique n'avait pas été brisé » au Paraguay.


Courtesy of Mediapart
Source: blogs.mediapart.fr
Publication date of original article: 24/06/2012
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articles enfants ordre chronologique

par Pablo Stefanoni

La destitution de Lugo [le 22 juin 2012] a déchaîné une importante crise institutionnelle au Paraguay et a provoqué la condamnation de tous les pays du Mercosur. Les raisons en sont multiples : des raisons structurelles, les aspirations d'opposants marginalisés et le contexte préélectoral [voir sur ce site un premier article de Pablo Stefanoni mis en ligne le 5 juillet 2012 : « Montée, chemin de croix et chute de Fernando Lugo »].

21 juillet par Gustavo Zaracho

Le 4 juillet dernier, l'hebdomadaire brésilien Veja - le plus influent d'Amérique latine - dénonçait une « tentative de coup d'Etat au Paraguay » : pas celle, réussie, ayant conduit à la destitution du M. Fernando Lugo, le 22 juin dernier |1| ; mais celle, ratée, du président vénézuélien Hugo Chávez qui aurait tenté de faire renverser le « nouveau président », M.

Samuel Pinheiro Guimarães

1. On ne peut comprendre les péripéties de la politique sud-américaine sans prendre en compte la politique des États-Unis envers l'Amérique du Sud. Les États-Unis restent l'acteur politique principal en Amérique du Sud et nous devons commencer par la description de ses objectifs.

2. En Amérique du Sud, l'objectif stratégique central des États-Unis - qui malgré leur affaiblissement restent la plus grande puissance politique, militaire, économique et culturelle du monde - est d'incorporer tous les pays de la région à son économie.

Roberta Traspadini
Translated by Pedro da Nóbrega

Depuis la période coloniale, le processus de développement de la lutte de classes en Amérique Latine a comme fil rouge la bataille de classe pour le pouvoir (dans l'approche comme dans son déroulement).

par Eduardo Galeano *

L'écrivain uruguayen Eduardo Galeano a affirmé que la destitution de Fernando Lugo fut clairement un coup d'État mal déguisé dont le masque est tombé en très peu de temps et qu'il est inutile de faire semblant de le déguiser en disant « bon, il s'agit d'un acte légal ».

Paraguay

Par Pablo Stefanoni (6 juillet 2012)

Le 22 juin, le président du Paraguay, Fernando Lugo, a été destitué lors d'une procédure d'urgence instaurée par le Sénat en moins de quarante-huit heures. La veille, la Chambre des députés avait voté en faveur de sa révocation. Le journaliste Pablo Stefanoni, ancien directeur de l'édition bolivienne du Monde diplomatique, revient sur l'arrivée au pouvoir en 2008 de cet évêque de gauche, et sur le contexte politique qui a entraîné sa chute.

4 juillet par Silvio Núñez

Dans la presse internationale, un fait important semble être passé inaperçu : l'un des premiers pays, après le Vatican et l'Allemagne, à avoir reconnu le nouveau gouvernement mis en place au Paraguay suite à un « coup » d'Etat parlementaire est le Canada. Via son ambassade à Buenos Aires active au Paraguay, le gouvernement canadien a réalisé depuis 2009 un intense lobbying en faveur de l'entreprise extractive et électro-intensive Rio Tinto Alcán qui souhaite s'installer dans ce pays sud-américain |1|.

COLLECTIF PARAGUAY
21 Ter. Rue Voltaire, 75011, Paris

elcorreo.eu.org

Oscar FORTIN

Le 20 avril 2008, Fernando Lugo fut élu président de la République du Paraguay pour un mandat de 5 ans. Les urnes parlèrent en faveur du candidat Lugo avec une marge supérieure de 10 points sur son adversaire. Cette élection démocratique et ses résultats ont été reconnus et célébrés par la communauté internationale. La démocratie avait parlé et le peuple en était le fondement.

Victor Farinelli
Translated by Fausto Giudice

Considéré par certains partisans de Fernando Lugo comme le cerveau du processus qui a abouti à la destitution du président du Paraguay, le grand éleveur et pré-candidat à la présidence Horacio Cartes a divers liens contr

« Ce coup, ce n'est pas à [Fernando] Lugo qu'ils l'ont fait. C'est à vous. »

Outrée par la destitution du président paraguayen vendredi dernier, la chroniqueuse Brigitte Colman, du quotidien Ultima Hora, a terminé ainsi sa chronique publiée mardi. « C'est nous qui en subirons les conséquences, écrit-elle. Les sénateurs et les députés vont continuer à jouir de privilèges.

Le 22 juin, le Sénat paraguayen a destitué le président Fernando Lugo à la suite d'une procédure prévue par la Constitution, mais dont le déroulement s'est avéré plus que litigieux. M. Lugo a néanmoins accepté de se retirer tout en dénonçant un « coup d'Etat » qui « meurtrit le Paraguay et sa démocratie » [1].

Démocratie

Par Sophie Chapelle (26 juin 2012)

Les compagnies de l'agrobusiness, Monsanto en tête, ont-elles joué un rôle dans l'éviction du président paraguayen ? Fernando Lugo a été destitué le 22 juin lors d'une procédure d'urgence instaurée par le Sénat en moins de quarante-huit heures.

25 juin par Eric Toussaint

A trois ans de distance, se répète au Paraguay un scénario de coup d'Etat mis en pratique au Honduras en juin 2009. Dans les deux cas, un organe du pouvoir resté aux mains des représentants de la classe dominante destitue le président légalement élu. Le coup d'Etat respecte les apparences de la légalité.

IRIB-Le président vénézuélien Hugo Chavez a rappelé dimanche son ambassadeur au Paraguay, et a décidé de ne plus approvisionner ce pays en pétrole, en guise de protestation contre l'éviction de l'ancien président paraguyen Fernando Lugo.

S'exprimant devant les caméras de la télévision d'Etat, M. Chavez a déclaré qu'il ne reconnaîtrait pas le gouvernement du nouveau président Federico Franco, qui vient d'être investi.

Gonzalo Abella

Translated by Fausto Giudice

* Allusion au vers d'une chanson de Federico Riera: plus je suis loin de toi et plus je t'aime, Paraguay.

Terre rouge et vert émeraude de la végétation : je suis arrivé pour la première fois à Curuguaty il y a plus de vingt ans.