Le candidat de la gauche à l'élection présidentielle mexicaine, Andres Manuel Lopez Obrador, arrivé deuxième dimanche à 6 points du candidat du PRI Enrique Peña Nieto, va demander à recompter la totalité des bulletins de vote en raison d'« incohérences » dans le scrutin.
« Nous présentons une demande formelle de la coalition (de gauche) pour un nouveau décompte des 143 000 postes de vote installés pour l'élection présidentielle », a dit mardi lors d'une conférence de presse le coordinateur de la campagne de la gauche, Ricardo Monreal, en présence de M. Lopez Obrador.
Selon M. Monreal, une « enquête » menée par la coalition de gauche a détecté qu'il y avait des « incohérences dans 113 855 des 143 000 postes de vote ».
Pour M. Lopez Obrador, « ce qui ne fait aucun doute est qu'il n'y pas eu une élection propre et transparente ». Il a accusé le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) d'avoir procédé à l'achat de « millions de votes ».
Le candidat du PRI, Peña Nieto, a obtenu 38,15% des voix contre 31,6 à Lopez Obrador, selon un décompte portant sur près de 98,95% des bulletins dépouillés. Agence France-Presse
México, le 3 juillet 2012.
elcorreo.eu.org

Mexique
Le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre) a remporté la présidentielle mexicaine. Si son adversaire de gauche Andrés Manuel López Obrador dénonce une fraude massive - probable -, celle-ci ne suffit peut-être pas à expliquer le retour du PRI au pouvoir. Au c?ur d'une campagne marquée par la violence que déchaîne le trafic de drogue, une partie de la société mexicaine semble avoir estimé que le PRI était le mieux placé pour « négocier » avec les cartels, comme l'explique Jean-François Boyer dans notre édition de juillet (« Mexico recule devant les cartels », en kiosques).

Oscar FORTIN
Au moment où le TRIBUNAL ÉLECTORAL DU POUVOIR JUDICIAIRE DE LA FÉDÉRATION mexicaine (TEPJF) étudie depuis plus d'une semaine les milliers de documents démontrant les fraudes électorales et la non-fiabilité des résultats de la dernière élection, la Secrétaire d'État des États-Unis, faisant fi de cette contestation devant les tribunaux, apporte, en date du 25 juillet, tout le soutien de son pays au candidat Enrique Pena Nieto, mis en cause dans cette enquête.
par Guillermo Almeyra *
L'effort électoral électoral fut très grand, et son résultat en votes important. Mais dans les pays dépendants, à la différence des pays Européens, un triomphe électoral capable de modifier le système politique est possible seulement comme conséquence et sous-produit de mobilisations extra-électorales des masses, comme la Révolution Mexicaine de 1910 elle même, les grèves qui ont fait chuter la dictature brésilienne, le 2001 argentin, les luttes pour l'eau et le gaz en Bolivie, les luttes vénézuéliennes qui ont rendu possible un Chávez.
Le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre) a remporté la présidentielle mexicaine. Si son adversaire de gauche Andrés Manuel López Obrador dénonce une fraude massive - probable -, celle-ci ne suffit peut-être pas à expliquer le retour du PRI au pouvoir. Au coeur d'une campagne marquée par la violence que déchaîne le trafic de drogue, une partie de la société mexicaine semble avoir estimé que le PRI était le mieux placé pour « négocier » avec les cartels, comme l'explique Jean-François Boyer dans notre édition de juillet (« Mexico recule devant les cartels », en kiosques).

Monsieur François Hollande
Président de la République Française
Paris, le 5 juillet 2012.
Monsieur le Président,
En tant que membres du mouvement mexicain « Yo soy 132 » en France, nous tenons à vous exprimer notre profond regret pour les félicitations que vous avez adressées le 2 juillet dernier à Monsieur Enrique Peña Nieto, candidat à l'élection présidentielle au Mexique, alors que sa victoire n'avait été annoncée que de manière officieuse par le Programme des Résultats Préliminaires (PREP) de l'Institut Fédéral Electoral (IFE).
Le Parti action national (PAN), du président sortant du Mexique Felipe Calderon, a indiqué qu'il saisirait le Tribunal électoral fédéral pour enquêter sur des soupçons d'achats de votes par le Parti révolutionnaire institutionnel qui a remporté la présidentielle du 1er juillet.
« Nous reconnaissons les résultats officiels publiés jusqu'à présent (...), mais il existe des preuves de manque d'équité et de fautes graves », a déclaré dans la nuit de lundi à mardi Gustavo Madero, dirigeant du parti.

Oscar FORTIN
Murs tapissés de cartes prépayés pour acheter les votes
De toute évidence, les dernières élections présidentielles au Mexique posent problème à de nombreux mexicains, au collectif Yosoy-132 et tout particulièrement au principal parti de l'opposition, dirigé par Andrés Manuel Lopez Obrador, également identifié par ses initiales AMLO. Si le représentant du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) n'a pas attendu le décompte final pour s'autoproclamer le vainqueur du présent scrutin, ses adversaires n'ont pas tardé à faire valoir, avec preuves à l'appui, que le Mexique venait de vivre une des élections les plus corrompues de son histoire et que cette fois ce serait par la voie légale qu'elle serait remise en question.
L'Institut fédéral électoral (IFE) a annoncé mercredi qu'il allait recompter jeudi plus de la moitié des bulletins de vote déposés dans le cadre de l'élection présidentielle de dimanche, soit ceux glissés dans 54,5 % des urnes (78 012 sur 143 144) utilisées dans tout le pays à cette occasion.
La gauche mexicaine remet en cause de façon de plus en plus insistante la légitimité de l'élection d'Enrique Peña Nieto à la présidence du Mexique, dénonçant désormais des achats de votes massifs, et s'apprête à la contester sur le terrain légal après la fin du comptage officiel samedi.